J. D Modes - Octobre 1947 ¤ *

 

Création de Schiaparelli - photographie Honeyman - octobre 1947


"Viens de paraître... la ligne cloche
La mode vient de paraître. Nous voila subjugués. Qui pourrait croire à tant d’opulence, à tant de richesse ? Splendeur de la forme, de la matière, faste de la fourrure*, multiplicité et variété, mots d'ordre suivis, devancés même, par tous les couturiers. Une fois de plus, ils ont métamorphosé la mode, modelé la silhouette, et ils y ont apporté une grâce, une fantaisie et une vitalité d'inspiration rarement atteintes jusqu'ici. Pèle mêle, sont offerts à la joie de nos yeux l'inspiration estompée des Maitres flamands, la grâce drue et féline des Impressionnistes, l’épanouissement ducal florentin, l’opulence sibérienne et ce je ne sais quoi qui est fait du souffle du Paris de nos pères et de l'air du Paris de nos jours.
Lancé par un jeune couturier, la jupe large, très allongés qui nous a aimablement effarouchés cet été, est maintenant le thème principal des collections. A l'opposé du buste cintré, des épaules effacées, de la taille toute menue, elle s'étale, d’épanouis, se déploie, tournoie au moindre mouvement, bat les jambes depuis si longtemps habituées à une enfantine liberté."
En octobre 1947

 Robe par Christian Dior - Photographie par Savitry
En octobre 1947

 De gauche à droite modèles de : Piguet - Rouff - Carven - Heim - Paquin
Croquis de mode en octobre 1947

 De gauche à droite modèles de : Jacques Fath - Dormoy - Nina Ricci - Christian Dior - Madeleine de Rauch
Croquis de mode -   Octobre 1947

 De gauche à droite modèles de Fath - Rouff - Ricci - Paquin et Lelong
Croquis de mode -  Octobre 1947

 De gauche à droite modèles de Paquin - Ricci - Lanvin - Dormoy et Lelong
Croquis de mode -   Octobre 1947


"Vient de paraître...la ligne droite
Ligne droite ou ligne courbe ? Est ce une contradiction de plus dont la mode toujours prodigue aurait profité pour rendre à la femme sa grâce et son vrai sens de l'élégance ? Ou peut être a t elle eu peur de nous effaroucher et pour nous reposer de la ligne cloche nous a telle offert les lignes droites et courbes, étroites de corsage, aux épaule tombantes et de jupe longue La ligne droite drapera un ventre par ci une hanche par là et entravera tout soudain un jupe qui en prendra une importance démesurée.  Les tailleurs seront garnis de bandes de fourrure* à la longue basque ronde et décollée sur les hanches et les  manteaux enveloppants redonneront aux femmes un geste frileux et charmant pour les croiser largement"
  Octobre 1947 

 De gauche à droite modèles de Jacques Fath - Lucien Lelong et Robert Piguet
Croquis de mode et photographie Honeyman
 Octobre 1947

 De gauche à droite modèles de Jeanne Lafaurie - Lanvin - Christian Dior - Lelong
Croquis de mode -   Octobre 1947

"Viens de paraître...la ligne courbe
 Moins jeune peut être que le ligne cloche, la ligne courbe très féminine, recherche les mouvement stylisés, les chevilles minces, les pieds étroits et allongés. Alternance de deux thème : ampleur ramenée devant ou sur les hanches ou bien ampleur répartie autour de la taille puis arrêtant brusquement son élan à hauteur des genoux pour mourir vers le bas."
  Octobre 1947


  De gauche à droite modèles par Robert Piguet - Maggy Rouff - Jacques Fath et Piguet
Croquis de mode et photographie Honeyman
Octobre 1947

 De gauche à droite modèles par Patou - Mad Carpentier - Dessès - Molyneux et Mad Carpentier
Croquis de mode -   Octobre 1947

"Vient de paraître...la ligne 1880
Mouvement tournant, mouvement droit, mouvement en avant et de coté.. et enfin mouvement en arrière qui trouve sa place naturelle en des collections qui furent tellement inspirées des tableaux de maitres, qu'ils soient florentins, flamands ou des bords de la Seine. Le mouvement en arrière ressemble curieusement à celui des jupes de nos grand mères du temps ou Monsieur Eiffel construisait sa tour. Plus une robe à pouf, de taffetas, de moire ou de satin broché, porté par un svelte mannequin à frisons nous rappelle les modèles de nos impressionnistes. La ligne 1880 aime les robes du soir, les plumets altiers dans les cheveux,  les grands décolletés et les très longs gants. Mais dans l'après midi un drapé moelleux sur une jupe droite de large soierie, un tablier noué bas sur les reins par un gros nœud et retombant sur une jupe plissée, dont une grâce très Renoir et très belle qu'accentuent encore les coiffures relevées et les lourds colliers de jais, de perles ou de diamants qui haussent tous les cous."

 "Ampleur ramenée en arrière dans une robe de taffetas broché vert et noir . par Jean Dessès
Chapeau Jeanette Colombier - Photographie Honeyman en octobre 1947

 De gauche à droite modèle par Jean Dessès - Paquin  Schiaparelli - Pierre Balmain
 Croquis de mode  en octobre 1947

 De gauche à droite un modèle par Lelong et deux modèles de Dessès
Croquis de mode -   Octobre 1947


"A Paris la femme porte....
 Des plumets dans les cheveux relevés en vagues souples, des boucles sur le front, des macarons nattés de perles, des nœuds de strass dans l'envol d'une boucle et qui se retrouvent au cou. Des perles grises sur un peigne précieux et une frange souple avec les cheveux torsadés. Des tours de cou en diamants en perles et fourrure*  et des colliers de jais."

 Coiffures vues chez Balmain, Gervais, Fath, Rouff, Piguey et Aubry
Bijoux Desses en octobre 1947


"Manteau de sport ample jaune et noisette , robe croisée en jersey noisette. Par Madelaine de Rauch. Chapeau de Maud Roser - Photographie Honeyman
  Octobre 1947

"Collège Girl.... la jeune fille américaine de nos jours n'est plus la "dollar-princess" ou la "flapper" qui ne pense qu'a s'acheter des robes, des bijoux et des princes européens. Si elle vous dit : je représente un facteur important de la vie sociale et économique de ma nation" croyez là. Quelle soit un petit être charmant, de quinze, dix sept ou dix neuf ans, elle est déjà plus qu'une promettesse, elle est une force, et elle le sait. [...]
Voici comment en général on la voit : les joues bien astiquées, les lèvres peintes, les cheveux soignés, brossés avec vigueur, tombant sur la nuque et une barrette ou un ruban. A première vue vous direz "elle s’habille comme un gamin" regardez la de plus près, ce débraillé est parfaitement étudié."
Octobre 1947 

  "Sophisticated lady" en octobre 1947

 A gauche :"Elle les a fait venir du far west"
A droite : "Le chapeau de l'age ingrat"
en octobre 1947

 Fourrures Weil -  pour les premiers froids, manteau de castor ample à manches kimono et col droit des fourrures Weil*
Toque très emboitante de feutre brun de Suzanne Tablot
Photographie Honeyman -octobre 1947

"Embarras du choix... Comment sauriez vous être catégorique ? Il vous faudra être très sage et très perspicace pour choisir judicieusement car chacun de ces quinze modèles à une fin bien précise. Vous ne pourrez pas  mettre la houppelande de ratine, vague et confortable  pour aller prendre le thé en ville et vous ne prendrez pas le train, non plus que vous ferez les courses du matin dans ce tailleur de lainage léger ....." 



Croquis de mode 1947  pour patrons de manteaux et tailleurs proposé par la revue
Croquis de mode pour les patrons du journal
  Octobre 1947

 "Tweed et bruines , d 'amples manteaux pour vos week end d'automne... vous assortirez vos ensembles aux couleurs des bois dorés par l'automne... nous vous proposons cinq (trois seulement sont reproduits ici)  manteaux, que vous pourrez porter sur un ensemble ou un tailleurs assorti.

Croquis de mode pour les patrons du journal
 Octobre 1947

"Sauvé des mites, il fut au temps de sa splendeur, un manteau de fourrure*. Mais les hivers passent les mites ont bon appétit... ca et là, d'une saison à l'autre, elles en grignotèrent un petit morceau. Avec ce que vous avez sauvé, vous pouvez allonger un manteau de lainage, transformer une simple redingote trop courte, trop étroite ou simplement démodée, en manteau élégant et d'un petit métrage négligé tirer des merveilles."

Croquis de mode pour les patrons d'
Octobre 1947

"Trois pour un... Voici trois modèles
Matin, midi ou soir, il n'ont pas de fin bien précise, mais sous vos yeux, ils se transforment. Le tailleur du matin est devenu tailleur du soir, et le manteau des courses en ville le manteau du diner au restaurant. Notre secret est simple, il ressemble au jeu de découpage des enfant, coiffez une même robe de différents chapeaux adaptés aux circonstance, le tour sera joué"
en octobre 1947

 "Une seule redingote mais vous savez l'adapter. Pour les courses du matin, vous aimerez le feutre rond de Willoughby. Pour prendre le thé, vous deviendrez plus élégante avec un relevé très enlevé de Jeanne Blanchot et un foulard noué à l'Incroyable autour du cou. Qui vous reconnaitra le soir au théâtre quand, cheveux relevés, une capote de velours noir d'Albouiy  amenuisera  votre visage ?"
Croquis de mode  en octobre 1947

 "Ce deux pièces sera plus ou moins élégant selon qu'il sera ouvert ou fermé, qu'un ruban enserrera le haut col rabattu ou qu'une broche le retiendra. Le matin, vous le porterez avec une casquette de lainage écossais de Gilbert Orcel, pour le déjeuner, avec une toque très simple en feutre vert d'Albouy qu'auréolera une voilette à pois et, le soir, vous mettrez ce feutre eaux tons pastels de Maud et Nano"
en octobre 1947


 "Un tailleur, c'est classique; Mais il peut être  à mille fins selon le chapeau que vous lui adjoindrez. Il sera *du matin avec un chemisier et un feutre garni de plumes de faisan de Maud et Nana. Quelques heures après, un grand feutre noir de Maud Roser l'ombragera et, aux lumières du soir, vous oublierez que vous l'avez porté toute la journée, tant il sera transformé par cette toque grise de Paulette."
en octobre 1947



"La danse écossaise...
l'Ecosse , pays des brumes, a créé de beaux tartans aux teintes éclatantes : ce sont eux qui ont inspiré les modèles de cette page : nous pensons que leur gaieté vous plaira à l’approche du sombre hiver et vous aimerez les porter à la ville comme sur les champs de neige."
Modèles de tricots édité par le journal
 Octobre 1947

"Au soir... a la chandelle. Devisant et filant, cousant et lisant, vous serez bien au chaud dans ces robes, ces manteaux, ces pyjamas. Ils sont faits de velours de coton uni ou finement côtelé, de velours de laine, molleton, poil de hameau, . Des doublures chaudes, fins lainages unis ou écossais, ouatine piquée, voire peaux de lapins*, ajoutent au confort de ces modèles dont les métrages sont en moyenne,  pour les robes,  de 3m25 a 4 metres"

 Croquis de mode pour les patrons du journal
en octobre 1947

"Nos petites filles"
 Octobre 1947 

 Illustration publicitaire 1947 pour le parfum Divine de la marque D'Orsay

 Illustration publicitaire 1947 pour les bas Citiba

Illustration publicitaire 1947 pour les laines du Chat Botté
  Octobre 1947

* Ce blog ne cautionne en aucune façon l'utilisation de la fourrure  ou des plumes véritables , qui devrait être interdite au XXIeme siècle. Toutefois, il est impossible de parler de la mode au XXeme siècle sans y faire référence.


Cet article est un hommage aux modes  des années 40. Un moyen de partager ma collection de revues anciennes avec d'autres passionné.e.s
Le but, clairement, n'est pas d'en tirer profit ou de léser quiconque 




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